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Vos Pattes


Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /2009 11:49
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La première confusion vient du fait que les espagnols qui furent confrontés aux redoutables poisons de flèches des indigènes identifièrent ces poisons
comme des curares, ce qui est fort peu probable pour deux raisons.
La première est que les descriptions sur les effets des poisons
de flèches utilisés contre les conquistadores ne correspondent pas
aux effets que l'on attribue aujourd'hui aux curares.

La seconde est que les indiens n'utilisent pas le curare contre l'être humain, même au cours d'une guerre comme celle qui les exposa aux espagnols équipés d'armes à feu.
Cette règle très stricte concernant l'usage du
curare contre l'homme semble observée scrupuleusement par l'ensemble des tribus amazoniennes.

Les poisons qui furent utilisés contre les envahisseurs étaient en fait des poisons de guerre et non des poisons de chasse comme le curare.

Ces poisons de guerre étaient cependant d'une efficacité redoutable et leur réputation n'était plus à faire chez les espagnols qui les craignaient au plus haut point, d'une part en raison des symptômes qu'ils produisaient, mais aussi parce qu'il n'existait aucun antidote efficace. Ainsi la moindre blessure, si bénigne soit-elle, si elle faisait couler un peu de sang était fatale dans les 24 heures, parfois l'agonie s'étalait sur plusieurs jours voir quelques semaines, mais l'issue était presque toujours la mort.
Les quelques rescapés semblaient souffrir pendant de longues années des suites de leurs blessures et ne retrouvaient généralement pas une vie normale.
Les drogues végétales utilisées pour élaborer ces poisons de guerre n'ont rien à voir avec celles utilisées pour les curares, pas plus que les substances qu'elles renferment.

Il s'agit en fait d'une euphorbiaceae, le mancenillier (Hippomane mancinella L.), dont le latex renferme des substances hautement toxiques dont les effets
sont très bien connus depuis fort longtemps.
Ce latex était, semble-t-il, recueilli, puis concentré par chauffage et évaporation. Le poison ainsi obtenu pouvait être utilisé directement pour enduire les pointes de flèches. Cependant, l'utilisation de tels poisons reste fort rare compte tenu de la conservation difficile de ces produits, de plus,
il semble que le poison devait être déposé sur la flèche juste avant utilisation pour en garantir l'efficacité, ce qui en limite grandement l'usage.
On raconte que la préparation du poison était fatale aux personnes qui le fabriquaient. On désignait pour cela trois femmes, choisies parmi les plus âgées de la tribus, ou bien parmi des esclaves. La première commençait par faire chauffer le poison pour le concentrer, quand les vapeurs devenaient toxiques, elle mourait. La seconde prenait alors le relai et poursuivait la préparation jusqu'à sa mort qui devait survenir plus rapidement, signe que le poison devenait plus concentré.

La dernière enfin devait achever la préparation du poison, la mort devant survenir très rapidement, signe que le poison était prêt et de bonne qualité. Légende ou réalité, ... difficile à dire, mais une telle toxicité ne correspond pas à celle des curares dont l'action ne peut s'exprimer que suite à une administration par voie sanguine. Il semble d'ailleurs que les femmes soient écartées lors de la fabrication du curare, car les indiens prétendent que leur seule présence suffit à faire rater la fabrication du précieux poison !

Photo rain forest du Venezuela en 2005

Publié dans : Botanique : de la Douceur au Poison - Communauté : Venezuela mi amor
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