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Charlie (2 ans) et Ziba (8 mois), sont des chiens heureux et insouciants quand ils quittent, à la faveur d’un moment d’inattention de leurs propriétaires, le domicile familial situé à Overijse. Appels aux associations de protection animale et à la police, affiches placardées à travers quatre communes, questions posées dans une angoisse grandissante aux riverains, rien ne permet de les retrouver. Nous sommes le 12 avril, quelques heures après leur disparition, et les malheureux sont déjà morts.
Le lendemain, le téléphone sonne. C’est un témoin de Huldenberg, et il décrit la tragédie survenue en face de chez lui : les deux chiens viennent d’arriver près de son domicile, quand surgit le garde-chasse du Comte local, auquel appartiennent la moitié des terres de l’entité. Après avoir vainement essayé d’attraper les animaux effrayés, le garde-chasse attrape son arme et, visant pour tuer, abat d’une balle en plein cœur Charlie et Ziba. Il emporte ensuite les corps et les enterre sur les terres de son employeur, ainsi qu’il l’avouera par la suite à la police. Le tueur a agi sur l’ordre du Comte, qui lui a ordonné de « s’occuper des chiens » sans même appeler la police : à l’en croire, il ne peut avertir les forces de l’ordre chaque fois que le problème se pose, sans quoi il passerait son temps au commissariat. Rassurante déclaration… On ne peut évidemment que se demander combien de cadavres sont enterrés dans la propriété de ce comte Dracula version Brabant flamand. Le seigneur en question se rend le lendemain dans la famille éplorée de Charlie et Ziba : il propose d’offrir deux autres chiens pour remplacer les chers disparus. Comme si un animal était l’autre, comme si la perte des assassinés n’était qu’un dommage civil monnayable ! Et la situation devient surréaliste lorsque l’homme complimente les endeuillés sur la bonne mine du défunt Charlie, une « belle bête » selon ses propres termes. Les corps de Charlie et Ziba sont exhumés dans les larmes. Bouleversés, leurs propriétaires se rendent à Animaux en Péril et y adoptent immédiatement deux chiens pour, nous expliqueront-ils, sauver au moins deux animaux à défaut d’avoir pu secourir les leurs. Bouleversante déclaration, qui contraste avec l’absence totale de remords des seuls véritables coupables. Face à ce désarroi poignant, notre association décide de se porter partie civile, afin que l’affaire ne soit pas classée sans suite. Le Comte est bien connu, ses terres comprennent un domaine de chasse. Dans cette enclave, le seigneur, apparemment, rêve du bon temps féodal où ses ancêtres avaient droit de vie et de mort sur ce qui les entoure... Sa froide indifférence, sa décision d’agir à sa guise sans tenir compte de la police ni des lois, fleurent bon les ténèbres moyenâgeuses. Espérons que le choc de ce double meurtre donnera un coup de projecteur sur la zone d’ombre qu’est sa propriété, et que ni lui ni son bras armé n’échapperont à leur légitime condamnation. Justice doit être faite pour Charlie et Ziba.
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