Politique régionale du Gouvernement Wallon Source : http://vienne.wallonie.be
Les personnes âgées de plus de 80 ans représentent actuellement 4% de la population. On estime que ce chiffre passera à 6,5 % en 2030. Dans ce contexte, il est essentiel de s’inquiéter de la santé des personnes âgées. Cela implique de les protéger contre les différentes formes de maltraitances (physique, psychologique et financière) dont 15% des personnes de plus de 75 ans sont victimes, soit près d’une personne sur cinq. La maltraitance des personnes âgées constitue encore actuellement un tabou qu’il convient de lever. Outre la question du tabou, la difficulté réside également en ce que les cas de maltraitance sont souvent difficilement détectables. En effet, de nombreuses personnes âgées ne souhaitent pas porter plainte et la plupart des symptômes ressemblent à ceux du vieillissement (les hématomes sont-ils dus à une chute ordinaire ou à un cas de maltraitance ? Faut-il croire la personnes âgée démente qui se plaint de maltraitance ?). Autre obstacle : la banalisation de certains actes de la famille proche qui sont pourtant des cas de maltraitance (enfermement du papy quand on va faire les courses,...).
Les actions :
La lutte contre la maltraitance des personnes âgées s’inscrit parfaitement dans le cadre d’une politique d’égalité des chances. Chaque personne a en effet le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine à chaque étape de la vie.
La Déclaration de politique régionale vise l’amélioration de la lutte contre la maltraitance par l’organisation de campagnes de sensibilisation et d’informations régulières et par un renforcement des efforts de dépistage et de contrôle de la maltraitance.
Actuellement, 3 structures sont financées en ce domaine dans le cadre des subsides facultatifs :
CAPAM : Centre d’Aide aux Personnes Agées Maltraitées : 135.000 € ;
URGEDES : Unification des Ressources Gérontologiques pour le Dépistage et le Soutien des personnes âgées. Cellule de l’association Intercommunale de santé de la Basse Sambre – Cellule ) : 50.000 € ;
EMPAGE : Ecoute à la Maltraitance des Personnes Agées. Cellule de la Coordination des Soins à Domicile de la Ville de Charleroi : 75.000 €. Soit un total de 260.000 € par an. Ces structures, bien que juridiquement indépendantes, sont fédérées depuis fin 2003 au sein du réseau « Libr’âgé » qui permet une intégration des méthodes de travail entre les différentes associations. Grâce au réseau également, un numéro d’appel unique est à la disposition des usagers : 0800/30.330
Le Gouvernement wallon a considéré la lutte contre la maltraitance des personnes âgées comme prioritaire. En effet, dans le cadre du plan de cohésion sociale adopté le 19 octobre 2005, il a été décidé d’octroyer, à partir de 2007, des moyens complémentaires de 200.000 € annuels pour lutter efficacement contre la violence à l’égard des aînés. Ces moyens complémentaires pourraient être utilisés en vue de mener une campagne d’information et de sensibilisation sur le thème de la maltraitance des personnes âgées. Dans ce cadre également, un des objectifs de législature consiste en l’adoption d’un décret dans ce domaine. Ce décret devra avoir, notamment, comme objectifs de fixer des règles d’agrément et de subventionnement des associations actives dans la lutte contre la maltraitances personnes âgées. Liens Internet : http://www.rifvel.be RIFVEL Réseau Internet Vieillir En Liberté http://www.capam.be CAPAM Centre d’Aide aux Personnes Âgées Maltraitées 0800/30 330 http://www.chrvs.be URGEDES 071/77 78 79 http://www.fagc.be EMPAGE Ecoute à la maltraitance des personnes âgées 071/506 999
Etude : Vieillir en Maison de Repos : quiétude ou inquiétude ?
Casman, Lenoir Et Bawin-Legros. Ministère de la Politique d’Egalité des Chances, Bruxelles 1998
En institution, les victimes sont souvent confrontées aux négligences du personnel qu’elles soient actives ou passives, intentionnelles ou non. Dans son étude, Marie-Thérèse Casman (1998) a relié les abus en institution aux violations du territoire du moi (concept conçu par E. Goffman). Les territoires du moi concernent les droits qu’une personne exerce sur un champ d’objet dont elle surveille et défend les limites. Ils reprennent :
Les espaces personnels : portion d’espace qui entoure un individu et où toute pénétration est ressentie comme un empiétement qui provoque une manifestation de déplaisir (entrer dans une chambre sans frapper ou frapper mais ne pas attendre la réponse avant d’entrer, le manque d’intimité, le manque de lieu privé pour recevoir) La place : espace délimité auquel on peut avoir droit, la place fournit des limites faciles à voir donc à revendiquer (la place à table)
L’espace utile : espace relatif aux besoins matériels évidents (pouvoir se déplacer en chaise ou avec des béquilles ; espaces adaptés ; espaces pour fumeurs ; chambre suffisamment grande)
Le tour : ordre dans lequel une personne a droit à un bien quelconque (accès suffisant aux bains)
Les territoires de la possession : ensemble d’objets identifiables au moi (les portes laissées ouvertes et les risques de vol)
Les réserves d’informations : ensemble de faits qui concernent l’individu (non respect de la « vie privée »)
L’enveloppe : l’enveloppe, la peau et les habits qui l’entourent (attouchements, gêne engendrée par des contacts physiques lors de soins, traiter la personne « en objet de soins » plutôt qu’en sujet) Les domaines réservés de la conversation : droit qu’a l’individu d’exercer un certain contrôle sur qui peut lui adresser la parole et quand (réglementation abusive des horaires et des sorties donc des moments de rencontre et de conversation avec l’entourage)
Ces divers éléments sont le lieu de violation, violation dont la gravité est souvent banalisée ou minimisée.
Vos Pattes