Vendredi 21 décembre 2007
Le lynx du Canada
* a une population qui fluctue énormément, suivant la courbe des populations de lièvres, c.-à-d. atteignant un sommet pour ensuite s’effondrer
* mène une existence secrète et est rarement observé même par les chasseurs d’expérience
* ne court rapidement que sur de courtes distances et donc doit traquer sa proie ou l’attendre caché dans le couvert
* est à l’aise dans la neige grâce à ses grands pieds
Le lynx du Canada
Description
Le lynx du Canada (Lynx canadensis) est un magnifique félin (ou chat) sauvage de la forêt boréale (la forêt la plus au nord de l’hémisphère Nord). Le lynx ressemble à un très grand chat domestique.
Il a la queue courte, de longues pattes, de grands pieds et des touffes de poils proéminentes sur les oreilles (voir la figure 1). Son pelage d’hiver, d’un gris clair, est quelque peu moucheté de
longs jarrets, son sous-poil tire sur le brun, et la touffe de ses oreilles et le bout de sa queue sont noirs. Son pelage d’été est beaucoup plus court et d’un brun rouge.
Les grands pieds du lynx, qui, en hiver, sont recouverts d’un tapis de poils raides, permettent à l’animal de se déplacer sur la neige. Tout comme le lièvre d’Amérique, le lynx peut écarter les
orteils dans la neige molle, élargissant ainsi davantage ses « raquettes ».
Le lynx a de grands yeux et de grandes oreilles; il se fie à l’acuité de sa vue et de son ouïe pour chasser. Tout comme la plupart des autres chats, il a des griffes rétractiles qu’il utilise
principalement pour saisir sa proie et se battre.
Des trois félins sauvages du Canada (le lynx, le lynx roux et le couguar), le lynx et le lynx roux se ressemblent le plus et sont les plus étroitement apparentés. Ils sont probablement tous les
deux des descendants du lynx d’Eurasie, qui est plus grand qu’eux. Il existe certaines différences mineures entre le lynx et le lynx roux. Le lynx roux est un peu plus petit, et ses pieds sont un
peu moins grands que ceux du lynx, ce qui fait que le lynx roux est moins bon chasseur dans la neige profonde. Le bout de la queue du lynx est noir, tandis que la queue du lynx roux est striée de
trois ou quatre barres noires et marquée d’une tache noire près du bout sur la surface supérieure; les taches sur le poil du lynx roux sont plus prononcées. Quant au couguar, il est beaucoup plus
grand et plus puissant que le lynx et le lynx roux; on le reconnaît facilement à sa longue queue.
Le répertoire vocal du lynx est aussi vaste que celui du chat domestique, mais plus fort.
Le lynx habite principalement dans des espaces naturels boisés.
Il préfère les forêts boréales de peuplements mûrs et les sous-bois de fourrés et de chablis dense.
Périodiquement, des déplacements manifestes de nombreux lynx
ont été observés; ils quittent la forêt boréale pour s’installer dans les prairies de sols herbeux. Ces déplacements étaient bien connus par les premiers commerçants de fourrures et les trappeurs,
mais ils ont cessé en 1925–1926. Cependant, en 1962–1963, on a observé de nouveau un grand déplacement en provenance du Nord.
Les lynx se sont aventurés dans de grandes villes.
Comme le couguar et le lynx roux, les deux autres membres de la famille de chats (Felidae) natifs du Canada,
le lynx du Canada a tendance à mener une existence secrète.
Son activité est surtout nocturne et, comme les autres félins sauvages,
on l’aperçoit rarement dans la nature. Même pour les trappeurs qui ont passé une éternité dans des régions où les lynx abondent, une pareille rencontre est un événement singulier qui ne s’oublie
pas de sitôt.
Plus de 75 p. 100 du régime hivernal du lynx est composé de lièvres d’Amérique et lorsque ces derniers sont abondants, un lynx peut tuer un lièvre presque tous les jours. L’été, son régime est plus
varié, quoique le lièvre soit toujours sa principale proie. Le lynx consomme aussi des tétras, des campagnols, des souris, des écureuils et des renards.
Le lynx chasse la nuit. Il se tient à l’affût et bien qu’il soit bon grimpeur, on le trouve rarement dans les arbres. Puisqu’il ne court vite que sur de courtes distances, il traque sa proie ou
l’attend caché dans le couvert. Souvent, le lynx attend près des sentiers très parcourus par les lièvres d’Amérique et doit, pour réussir à attraper sa proie, le faire en un seul bond d’environ 6,5
mètres, soit la distance parcourue en quatre bonds par le lièvre.
Les lynx mâles chassent seuls, sauf pour une courte période
pendant la saison du rut
Conservation :
Au Canada, mis à part le déclin de la population de lièvres d’Amérique, la proie principale du lynx, le piégeage semble être le seul facteur important de mortalité.
Bien que l’on prétende que le loup est le principal ennemi naturel du lynx dans le Nord de l’Europe, rien n’est connu des rapports entre le lynx et le loup en Amérique du Nord. On ne sait rien non
plus sur l’incidence et l’impact des maladies,
telles que la rage et la maladie de Carré, sur les populations.
Le piégeage produit en outre le plus grand effet anthropique sur le lynx. Il est facile de piéger le lynx et lorsque les prix des fourrures sont à la hausse les trappeurs prennent une plus forte
proportion de la population de lynx, ce qui peut éliminer la plupart des lynx d’une région donnée. Le piégeage a déjà apporté des changements à long terme à la taille des populations de lynx au
Canada. Elles ont commencé à baisser après 1900, poursuivant cette tendance jusqu’au milieu des années 1950. À ce moment-là, les vêtements faits de fourrures à poils longs se sont démodés, les prix
ont chuté, le piégeage a diminué et les populations de lynx se sont rétablies. Depuis le début des années 1970, la demande de peaux de lynx a graduellement augmenté. Le prix moyen par peau est
passé de 30 $, en 1970, à un plafond de plus de 500 $ au milieu des années 1980. En 1990, il avait chuté à 117 $.
En général, les activités humaines ne semblent pas menacer les populations de lynx. Bien que normalement le lynx soit considéré comme un animal habitant les régions sauvages, les établissements
humains ne semblent pas avoir réduit son aire de répartition. L’exploitation forestière dans la forêt boréale produisant de bons peuplements de conifères matures (servant de couvert et
facilitant les déplacements) et des peuplements en régénération
(où abondent les lièvres d’Amérique) pourraient même améliorer l’habitat des lynx. Cependant, l’exploitation forestière facilite l’accès des trappeurs en créant des routes.
Si la réglementation relativement à l’exploitation forestière n’est pas assez prudente et souple, les grandes coupes à blanc éliminant presque entièrement les forêts de conifères sur de grandes
superficies nuiront probablement aux populations résidentes de lynx.
Publié dans : Gros gros chat!
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