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Vos Pattes


Jeudi 20 décembre 2007 4 20 /12 /2007 00:47
écrit par Valérie Bonenfant

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Un conte où les méchants se révèlent gentils…
Un petit moineau se retrouve orphelin après que de vilains matous aient tué ses parents.
Seul, dans le froid, il est voué à une mort certaine.
Or, ce sont des chats errants qui vont le sauver…

Tif-tif était un jeune moineau pas encore sorti du nid.
Il était toujours nourri par son papa et sa maman qui partaient régulièrement lui dénicher de délicieux vers de terre, des chenilles appétissantes ou des papillons croustillants.
Or, un jour, il se produisit quelque chose de terrible :
ses chers parents tombèrent tous les deux dans une embuscade menée par des chats, et périrent sous les griffes de vilains matous.
Tif-tif se retrouva seul dans son nid, sans personne pour s’occuper de lui. C’était bien triste…
S’il voulait survivre, il était temps de prendre son envol, de quitter le nid douillet dans lequel il était né.
Pauvre moineau, il lui fallut bien du courage pour se lancer tout seul dans le vide, sans personne pour le guider et lui indiquer comment voler. Tentant le tout pour le tout, il s’élança et, tant bien que mal voleta un peu, avant de s’aplatir sur le sol.
Ouille, il s’était fait mal à la patte…
Dur dur de reprendre de l’élan avec une patte endommagée.
Le petit moineau avait beau agiter ses ailes, rien ne se passait.
A peine quelques déplacements au ras du sol, tournoyant sans précision. C’était mal barré !
Comme un malheur n’arrivait jamais seul, voilà maintenant qu’il neigeait… Brrrh, quel froid glacial !
Il faisait meilleur dans le nid !
Tif-tif grelottait de toutes ses plumes et claquait du bec.
Pauvre petit oiseau, il faisait bien menu, petite tâche sombre au milieu de l’étendue blanche !
Bientôt, il devint congelé, raide comme un bout de bois,
et l’on craignit que ça en soit fini de lui.
Or, passa par-là une bande de chats errants qui se baladaient.
-« Hé, regardez ! » dit Glouton, un gros chat tacheté orange et noir, « il y a un cornet de glace au chocolat tombé parterre … Chouette, on va se régaler ! »
-« Mais non, cela ne ressemble pas à un cône ! D’ailleurs, qu’est-ce que c’est ? » s’interrogea Mandine, une jolie chatte tigrée aux longs cils.
-« Oh, mais c’est un oiseau congelé ! » s’écria Fleurette,
la plus âgée du groupe, « qu’il est petit, qu’il est mignon ! »
-« Il est mort ? » questionna Pagnon, le chef de la bande.
-« Non, j’entends son petit cœur qui bat tout doucement » répondit Mandine, l’oreille collée contre sa poitrine,
« oh, pauvre petit chou… »
-« Il faut le sauver ! » s’exclama Fleurette,
« venez, allons le réchauffer ! »
Pagnon prit délicatement l’oiseau dans sa gueule et l’emmena dans leur cachette, un grand tonneau vide, avec des couvertures à l’intérieur.
-« Il faut le couvrir, et vu le froid qu’il fait dehors,
je propose que nous le couvions à tour de rôle,
qu’en dites-vous ? »
proposa le chef Pagnon.
-« Très bien, je commence ! » déclara Fleurette.
-« Ensuite, ce sera moi ! » dit Mandine.
-« Puis moi ! » lança Glouton.
Et ainsi de suite, toute la bande y passa.
Tif-tif reçut de nombreuses couvertures moelleuses,
au poil doux, et bien chaudes. Petit à petit, il se réchauffa.
Il perdit d’abord sa consistance glacée, et redevint mou.
Puis, il commença à sentir la vie revenir en lui.
Bouh, quel mauvais rêve il avait fait !
Heureusement, tout ça n’existait pas,
il était bien au chaud dans son lit, confortablement installé.
Son nid ? Mais il n’était pas comme ça, avant !
On avait tout changé la décoration pendant son sommeil !
Mais, quels étaient ces regards tout autour de lui ?
Horreur !
Des chats ! Le pire qu’il pouvait lui arrivait !
Ciel, il était cuit !
Après son papa et sa maman, voilà qu’à son tour,
il était la proie des félins ! Triste sort que celui de moineau …
Il essaya de s’envoler, mais sa patte douloureuse l’en empêcha. Tant pis, c’était fichu !
Terrorisé mais résigné, il attendit venir son destin.
Mais,
il était bien long celui-ci, car rien ne se passait.
Les sadiques,
ils faisaient durer le plaisir…
Ah, en voilà un qui s’approchait ! C’était donc lui qui allait le manger. Le chat était maintenant tout prêt de l’oiseau et avança la tête.
Tif-tif ferma les yeux et sentit comme une douce caresse contre ses plumes. Il n’osa pas ouvrir les yeux.
Puis, il se sentit baigné d’une douce chaleur, et pensa qu’il était arrivé dans le ventre du chat. Il ouvrit les yeux et se découvrit recouvert jusqu’au bec du terrible animal. Il s’était couché sur lui ! Non mais quel culot !
Puis, en voilà d’autres qui venaient frotter leurs têtes contre ses joues. Ça alors ! Mais on dirait bien qu’ils le caressaient…
Alors des souvenirs lui revinrent en mémoire :
la chute du nid, la neige, le froid… Il serait mort sans doute si on ne s’était occupé de lui… Les chats ! Oui, à voir leur manège attendri, c’était eux qui l’avaient sauvé ! A n’en pas douter.
Que faire ? Les haïr pour la mort de ses parents
et les planter là ? Ou bien les remercier
de lui avoir rendu la vie sauve ?
Tif-tif préféra la deuxième solution : il n’avait plus personne, alors s’il devait détester les seuls êtres, qui, ces derniers temps, lui avaient donné du bien…
Et ce fut ainsi que Tif-tif, le petit moineau devint l’ami des chats, avec qui il vécut de longues et heureuses années.

Publié dans : Chat ...chat alors!! - Communauté : petit et gros gros chat
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