Mardi 30 octobre 2007


La souffrance physique elle-même ne l’inquiétait plus.
Vous devez porter votre croix !! disent-ils de leur voix suaves.
Mots merveilleux…Par eux, nos petites misères sont élevées et vont grossir le fardeau éternel et sanctifié de Jésus.
Ce qui nous révolte, ce n’est pas tant la souffrance, mais c’est de penser qu’elle est inutile.
 Du moment que par elle nous croyons pouvoir atteindre quelque résultat, nous l’acceptons comme nous le faisons volontiers avec la fatigue que coûte la réussite d’un travail.
Une idée, c’est petit, cela n’a l’air de rien.
Mais si c’est une idée sur la douleur, la souffrance, et nous avons beaucoup d’occasions de souffrir, il peut se trouver que cela change toute une vie.

Il les écoutait dans leurs sermons et pensait que pour être heureux au lieu d’être malheureux il ne s’agit pas tant de changer les faits, chose d’ailleurs bien difficile voir impossible, que de changer de manière de les regarder.
 Si vous descendez dans une cave avec une lanterne, vous ne changer rien à la cave, pourtant ce n’est plus la même que celle où vous marchiez à tâtons, dans la pénombre sans éclairage en vous empêtrant les mains et la figure dans les toiles d’araignée.
 Même pour la maladie, il en est ainsi.
 Il est difficile de dire à quel point cette vision peut changer une vie.
 C’est comme si quelqu’un qui a marché contre le vent et les grêlons pendant une giboulée de mars soudain se retrouve poussé par ce même vent vers la tiédeur du soleil.
publié dans : Texte perso
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